LE FILM

YVONNE, PRINCESSE DE BOURGOGNE

2009
du 14.01.2009 au 18.01.2009
Catégorie : Opéra
Genre : Ballet
Durée : 5 jours
Lieu : Opéra Garnier
Poursuiteur(se)
Très attendue cette Yvonne, princesse de Bourgogne, et pour plusieurs raisons : création annuelle de l’Opéra National de Paris, nouvelle œuvre lyrique de Philippe Boesmans – la première sur un sujet comique, plateau exceptionnel (Luc Bondy et Richard Peduzzi, Yann Beuron, Mireille Delunsch, Paul Gay, …) ainsi que l’ombre de Witold Gombrowicz, auteur de la pièce de théâtre qui sert de support à ce nouvel opéra.

Le sujet est d’un cynisme effroyable : le Prince Philippe se refuse au bonheur charnel, jusqu’à sa rencontre avec Yvonne, jeune fille mutique, décrite par ses tantes comme «lymphatique». Le terme de «mollusque» revient souvent la qualifier. Philippe s’empare de l’occasion : il se fiance à Yvonne, l’exhibe à ses cotés, se raille d’elle en public, l’humilie… Mais la jeune fille – comme il se doit très laide en plus d’être idiote et impassible – tombe amoureuse de son prince bourreau. Les humiliations reprennent de plus belle, rien n’y fait. Le roi, la reine et le chambellan tentent de se faire à l’idée d’une telle future souveraine, mais une seule solution s’impose : le meurtre. Le jour officiel des fiançailles, des filets de perche sont servis. Yvonne s’empiffre, une arête reste coincée dans son gosier, elle s’étouffe…

Les références à Shakespeare abondent dans le livret : le monologue de la reine imaginant l’assassinat d’Yvonne en fait une Lady Macbeth d’opérette, le roi coureur de jupon tient de Falstaff et Obéron, le Prince Philippe et ses amis Cyrille et Cyprien sont de pâles copies de Hamlet, Laërte et Horatio. Yvonne elle-même dans l’acte III, quand le roi et la reine tentent de l’approcher, tient de la Mégère apprivoisée. Philippe Boesmans, dans sa partition, use des mêmes ficelles. A Shakespeare, il répond par Wagner. Chaque fois que le nom d’Yvonne est mentionné surgit le motif du Walhalla de l’Or du Rhin, celui de la Mort de Siegfried pour l’assassinat. Le cynisme initial est détourné musicalement par la parodie (jusqu’à une fausse ouverture à la française quand le Prince Philippe se rend compte qu’il ne peut pas aimer Yvonne).



La partition de Philippe Boesmans est un immense kaléidoscope d’idées musicales, dans un esprit volontairement décalé. L’absurde de la pièce est mis en valeur, au détriment du cynisme expressionniste propre à Gombrowicz. L’orchestration est comme toujours chatoyante, les parties vocales soignées, dans un style déclamatoire proche de celui utilisé par Debussy dans Pelléas et Mélisande (auquel Bœsmans fait aussi référence). Sylvain Cambreling est à l’aise dans ce répertoire, aidé par l’excellent Klangforum Wien dans la fosse.

Les superlatifs manquent pour qualifier ce qui se passe sur scène. Menés par Luc Bondy, les chanteurs sont de véritables acteurs, l’action ne souffre d’aucun temps mort, le tout rehaussé par les décors simples de Richard Peduzzi. De cet excellent plateau nous retiendrons Mireille Delunsch, désopilante reine aux faux accents de soprano dramatique, Paul Gay, roi désinvolte et bien en voix, Yann Beuron, toujours égal à lui-même dans un rôle de «petit minet», Hannah Esther Minutillo et surtout le vétéran Victor Von Halem, dont la forme vocale ne semble pas altérée par le poids des ans. Mais la «mention spéciale» revient à Dörte Lyssewski, actrice titulaire du premier rôle quasiment muet, qui réussit le tour de force d’habiter la scène par sa seule présence.

Cette nouvelle création de l’Opéra National de Paris (reprise à la Monnaie de Bruxelles en 2010) si elle n’a pas donné naissance à un chef-d’œuvre impérissable est néanmoins un travail exemplaire d’une remarquable homogénéité.

L'AFFICHE

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L'EQUIPE

RICHARD Elizabeth : Poursuiteur(se) 
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ELIZABETH RICHARD

Née le 29 Février 1980
Nationalité Française
Titulaire du permis B
Véhiculée

Equipée d’une unité de tournage 4K

Représentée par l’agence My Agency
Mylène JACK-ROCH
Tél. +33 6 37 57 82 46
mylenejr1@gmail.com